2009/02/01

L'Encyclopédie de l'Agora: Charte des obligations/El Etmanski

AL ETMANSKI, « Charte des obligations », L'Agora, vol 7, no 1.
  • En ne mettant l’accent, comme notre époque l’a fait, que sur la Charte des droits, on a laissé de côté la moitié de l’équation : les devoirs et obligations auxquels correspondent les droits.
  • Voici donc la Charte des obligations que j’ai conçue; elle s’adresse à tous les êtres humains sans discrimination :
    Pour participer à la vie de ma communauté, je suis obligé :

    1. D’être présent et disponible
    2. De m’émerveiller devant l’ordinaire et de voir la beauté partout où elle se trouve
    3. D’écouter en silence et avec une grande attention
    4. De servir avec douceur et respect
    5. D’éduquer avec bonté et curiosité
    6. De rire et jouer avec enthousiasme et humour
    7. De rectifier l’injustice et faire apparaître la vérité
    8. D’accepter mes faiblesses, mes imperfections et celles des autres
    9. D’éviter la paresse et de peiner avec amour
    10. D’embrasser la vie le cœur grand ouvert
    11. De semer les graines de la tendresse
    12. De construire une maison hospitalière et accueillante
    13. De tendre vers la perfection
    14. De pardonner avec grâce
    15. De caresser des rêves audacieux.
  • Croire que chaque être humain possède un talent unique, c’est croire en l’essence même de l’humanité. Les humains sont des sujets et non des objets. Être un sujet, c’est être en relation avec le monde, pouvoir y apporter sa contribution, y faire reconnaître son talent. Mais malheureusement pour encore trop de gens, les personnes atteintes d’une infirmité apparaissent comme des objets qui ne peuvent pas faire les choses par eux-mêmes et qu’on peut déplacer à volonté. Dans notre façon de leur venir en aide, il n’y a pas de place pour leurs contributions, leurs désirs ou leurs talents.
  • Mais malheureusement pour encore trop de gens, les personnes atteintes d’une infirmité apparaissent comme des objets qui ne peuvent pas faire les choses par eux-mêmes et qu’on peut déplacer à volonté. Dans notre façon de leur venir en aide, il n’y a pas de place pour leurs contributions, leurs désirs ou leurs talents.
  • Nous sommes d’avis que toutes les discussions concernant la contribution des handicapés à la société, de même que celle de tous les citoyens, devraient prendre en compte cette Charte des obligations. La compassion, la charité, la sympathie ne suffisent pas. L’État providence non plus. Les programmes sociaux du gouvernement sont les derniers à être mis en place, les premiers à être coupés. Nous prédisons que c’est par cette conception de la citoyenneté qu’il y aura un progrès réel dans le grand mouvement de totale participation des citoyens à la vie sociale et communautaire.
  • Mais la société actuelle enregistre les crédits ouverts par les citoyens dans la banque de la réciprocité. Si notre compte penche du côté du débit, le livre de banque le montre. Il montre comment des handicapés sont éligibles ou non éligibles au soutien financier de l’État. On peut avoir à l’esprit plusieurs groupes qui reçoivent des fonds du gouvernement, sans qu’ils soient remis en question ou critiqués, parce qu’ils sont perçus comme contribuant à l’économie du pays. Mais les bilans de l’État suscitent des discussions lorsque sont en cause la rareté de certaines ressources médicales, la productivité, l’accès à des traitements médicaux, l’éducation, etc. Et la nouvelle équation portant sur la non éligibilité montre à la page 00 du classeur ce qu’il advient lorsque les contributions de nos amis et parents handicapés ne sont pas prises en compte dans cette comptabilité non écrite.
Voir aussi Simone Weil (auteure citée)

Aucun commentaire: